mardi 11 août 2009
Syngue Sabour d'Atiq Rahimi
Ma découverte de Syngue Sabour ne s’est pas faite par une trouvaille inopinée à la bibliothèque ou un achat spontané à la librairie. C’est lors de l’avant-première du Marathon des Mots 2009 à Auch que j’ai eu l’occasion d’entrer dans ce sublime roman pour la première fois… En effet, des extraits de Syngue Sabour y avaient été lus par Fanny Cottençon. Avant sa lecture, la comédienne a précisé que l’auteur, Atiq Rahimi, avait lui-même choisi les passages lus et que la fin ne nous serait pas révélées.
Quelques minutes pour se plonger à l'eau, après quelques bafouillages, l'actrice est devenue une formidable conteuse, vivante, époustouflante à tel point qu'on croyait voir en elle le personnage de la femme qui soigne son mari, allongé, à l'état de légume… elle se confie, s'exprime sur sa condition, sa vie de femme en Afghanistan …
Comment après une telle prestation ne pas avoir envie de lire le livre entièrement ? J’avais depuis ce temps oublié mon désir de me plonger dans les pages de Syngue Sabour… C’est que la vie m’occupe à tellement de choses !
J’étais montée rapporter mes livres à la bibliothèque, il y a quinze jours. J’avais plus d’une semaine de retard ! Ce n’était pas vraiment intentionnel à vrai dire. Je devais y monter le 16 Juillet mais ma crise de spasmophilie impromptue m’a empêchée de le faire. Et malheureusement ou pas, au moment où je suis montée à la bibliothèque, elle était fermée, car l’été, elle n’est ouverte que le matin et il était 14h30. Malheureusement et heureusement ! Je n’ai pas pu emprunter d’autres livres, hélas, même si j’ai pu au moins déposer ceux que je devais rendre au plus vite. Mais, après un passage par le musée d’Auch pour aller y voir une amie, je suis remontée flâner en ville et je suis entrée dans la nouvelle librairie de la rue Dessoles. J’y ai fait un petit tour. J’aime me promener entre tous ces livres. Ces milliards de mots, de phrases, toutes ces histoires. J’y ai trouvé deux petits livres sur le Gers, puis j’ai fureté autour du coin jeunesse pour en revenir au premier étal où j’ai vu Syngue Sabour, bien en évidence avec son écharpe de papier bleu « Prix Goncourt 2008 ». Je me suis souvenue de l’émotion procurée par la lecture qu’en avait faite Fanny Cottençon. Alors je me le suis offert.
Je l’ai lu en quelques jours. Pas que ce soit un pavé, mais je suis lente à lire et puis j’ai eu envie d’aller jusqu’au bout certains soirs, tellement le récit est prenant, mais comme vous le savez, au-delà de 21h, mes facultés intellectuelles sont amoindries (déjà que...) et je n’aurais pas pu soutirer toute l’essence du récit.
Bref, après ces considérations un peu trop personnelles, venons-en enfin à Syngue Sabour. Le livre raconte donc l’histoire d’une femme, afghane sans doute, soumise aux lois de l’Islam intégriste…. Elle s’occupe patiemment de son mari ,allongé , dans le coma, et remplit chaque jour sa poche de survie, compte et recompte chacun de ses souffles en égrainant son chapelet, priant, suppliant Allah. Mais plus le temps passe, et plus elle lui confit ses blessures, ses tourments, ses douleurs, ses frustrations. Elle ne peut pas s’en empêcher. Le mari devient alors une Syngue Sabour, la Syngue Sabour de la femme.
Syngue Sabour ? Cela signifie « Pierre de Patience » en Perse. Dans la mythologie Perse, comme le précise la quatrième de couverture, c’est « une pierre magique que l’on pose devant soi pour déverser sur elle ses malheurs, ses souffrances, ses misères […] jusqu’à ce qu’un beau jour, elle éclate… et ce jour là, on est délivré. »
Je ne vais pas là révéler tout le récit. Je ne peux que fortement vous en conseiller la lecture. Mais pour autant, je peux tout de même tenter de vous faire part de mes propres analyses.
Plusieurs choses m’ont frappée, et ce dès les premières pages. Tout d’abord, le style. Très bref. D’une grande simplicité. Par phrases courtes. Par morceaux de phrases, même. On se sent étouffés, comme si on était à la place de l’homme. Comme si le récit prenait le rythme de ses respirations. Comme si on étouffait comme la femme étouffe dans sa condition, prête à tout dévoiler ais n’osant pas. Le style en dit tellement. Il évolue pourtant au fil du livre. Plus les monologues de la femme prennent de place, et plus le style se libère avec elle…
Il y a également cette troublante « généralisation ». En effet, les personnages ne sont jamais nommés, prénommés, désignés autrement que par « l’homme », « la femme », « la petite fille ». Les lieux ne sont pas précisés autrement que par des expressions comme « la ville » sauf à la première page et encore. « Quelque part en Afghanistan ou ailleurs ». « Quelque part », « Ailleurs », « L’homme », « La Femme », qui sont-ils, où sont-ils ? Le livre prévient que cette histoire peut avoir lieu n’importe où, arriver à n’importe quelle femme, n’importe quel homme.
Le livre est un hymne à la libération de l’humain. De la femme surtout de celle trop soumise, frustrée, manipulée, violentée par les siens, de celle qui a tout à dire, tout à vivre : une véritable lutte pour être libre est lancée car en déversant ses tourments causés par les hommes, sa famille, elle se libère et devient elle, une femme libre de penser. L’homme est lui aussi libéré en quelques sortes : son rôle de Syngue Sabour le libère de son ignorance, et lui met en évidence sa propre aliénation à des traditions lointaines…
Quant à la fin, étant donné que je ne veux pas vous la révéler, je ne peux que dire qu’elle est à la fois énigmatique, surprenante et qu’elle est peut-être l’issu fatale pour être enfin libéré(e).
J’oubliais. C’est un homme qui a écrit le livre. Il avec avec tant de force et de conviction la conditions des femmes de ses contrées, qu’il est lui-même un très bel exemple de libération des esprits.
vendredi 10 juillet 2009
Veus tu contrechevalchier ?
Les dictionnaires, c’est la plus belle invention du monde. Les miens je les aime, je les adore, je les adule même si parfois ils ont un peu d’poussière perdue sur leurs pages refermées. Ca étonne parfois beaucoup d’individus de voir le nombre de dictionnaires que j’ai à ma disposition et que j’utilise encore malgré le fait que mes études sont finies depuis un moment. Mais bon, c’est payé, faut rentabiliser ! Mes obsessions linguistiques ne sont pas une nouveauté, depuis la fac et mes cours d’ancien français et de linguistique, j’avoue avoir développer un goût des mots, l’envie de savoir pourquoi, comment, d’où cela vient… J’ai ouvert il y a quelques mois d’ailleurs un blog intitulé « Un mot, un jour » qui est censé s’appliquer à évoquer régulièrement l’origine de tel ou tel mot. Malheureusement, le temps me manque pour l’entretenir correctement. Moi, j’aime les mots, et je n’ai qu’une chose à dire : les mots, c’est beau ! Retenez cette dernière exclamation, elle fera sûrement le tour du monde un jour. Chacun de mes dictionnaires fera l’objet d’un billet, parce qu’ils le valent bien !
A l’honneur aujourd’hui, mon Greimas, mon dictionnaire d’Ancien Français. Il a une histoire celui là ! Je l’ai acquis dès ma première année de fac. La prof nous avait traumatisés dès le début de l’année. C’est vrai que la liste des livres à acheter commençait à devenir énorme et qu’une élève lui a demandé le prix de ce dictionnaire. « Ah mais on ne vient pas en lettres modernes juste parce qu’on a vu de la lumière et qu’on est entré ». Euh, madame, t’oublies quand même qu’on est des pauvres étudiants sans le sous, soit qui faisons comme nous pouvons pour avoir assez d’argent jusqu’à la fin du mois, soit qui travaillons à côté pour financer tout ça (pour les autres, c’est les riches, ils ont pas ce genre de questions à poser). Normal que la question fût posé concernant ce fameux dictionnaire qui vaut neuf environ 40 euros. Donc, c’était pas donné ! Mais très utile pour nos analyses littéraires de texte en ancien français.
Actuellement, à quoi me sert-il, puisque mes études sont terminées ? C’est une grande source d’information quand je dois faire des recherches sur la toponymie gersoise pour Gersicotti Gersicotta. J’arrive souvent à trouver quelques pistes et établir plusieurs hypothèses ce qui me permet de pouvoir rédiger des articles onomastiques un peu folichons !
Et puis, il y’a des mots comme ça, qui sont vachement plus rigolo que d’autres. Comme le mot « Contrechevalchier ». Il ne s’agit pas de vider son ampoule rectale sur un innocent cheval qui n’a rien demandé. « Contrechevalchier » signifiait « faire courir son cheval du même côté que quelqu’un d’autre ». Et l’adjectif « Estrumelé » hein ? Vous auriez pensé vous, qu’il signifiait être les jambes nues ?
Rien que pour toutes ces raisons, je ne regrette en rien l’investissement fait dans ce dictionnaire intéressant, parfois drôle malgré lui et m’aidant à répondre à des questions onomastiques qui parfois me triturent l’esprit !!
Et le premier qui dit que je suis dingue, je le tape avec mon dictionnaire, c'est clair ?
lundi 20 avril 2009
La jalousie, Alain Robbe-Grillet.
Je me souviens de ces folles années d'étudiantes en littérature où mes lectures m'étaient imposées et où je n'avais pas le droit de m'arrêter à la quatrième pages du livre si j'en avais envie, comportement littéraire oblige. J'avais 20 ans et je ne me doutais pas que j'allais avoir à lire un livre qui allait totalement me traumatiser, au point d'encore y penser 6 années plus tard, et je suis sûre que j'y penserai encore dans 100 ans (oui je compte vivre aussi tard que Jeanne Calment). Bref, cela fait longtemps que je voulais évacuer mon profond traumatisme causé par La Jalousie de Alain Robbe-Grillet, pensant que peut-être cela allait me guérir.
C'était en cours de littérature Française, le thème était, ô original, "La jalousie" en général. C'est là d'ailleurs que j'avais fait connaissance avec Annie Ernaux, dont j'aime beaucoup l'œuvre en revanche. Mais parait-il que La jalousie d'Alain Robe-Grillet est un chef d'œuvre incontestable. Tout le monde s'accorde et s'accordait à le scander avec enthousiasme. "C'est le nouveau roman !" , "C'est magnifique !" , "C'est merveilleux !", "C'est la littérature nouvelle ! Formidable". Pour résumer, sachez que La Jalousie, ça raconte l'histoire d'un jaloux qui est super jaloux.
Lorsque j'ai commencé à lire ce livre, j'avoue ne pas du tout avoir été emballée par le style et la syntaxe plein d'incises troublantes - quoi vous non plus vous n'aimez pas les incises ?. J'ai compris à ce moment là que j'étais loin d'être une littéraire dans l'âme. Ce livre a totalement échappé à ma compréhension. Je me suis ennuyée en le lisant. Ce n'était pas que de l'ennui, c'était de l'agacement total. Ces scènes qui se répètent tout le temps, un petit peu différemment comme si le type était un peu tarabiscoté du bulbe avec 12 000 identités différentes … Et l'histoire de la scutigère. Bon appétit. Cette magnifique scutigère de plus en plus grosse (oui parce que la scène se passe en Martinique et là-bas, les insectes et rampants sont géants) qui se fait exploser la gueule 30 000 fois sur le mur et y laisse ses tripes dégoulinantes accrochées, j'en aurais cauchemardé.
Mais je ne peux pas que jeter la pierre à ce soi-disant chef d'œuvre taxé de nouveau roman par les plus grands analystes littéraires qui ont sûrement la science littéraire infuse, contrairement à moi. Je dois avouer qu'au moins, le livre dégage vraiment un véritable état de jalousie intense, un état de jalousie à l'excès, chronique, maladif, de part la répétition et le changement des scènes et rappelle l'imagination fertile que certains peuvent parfois avoir vos compagnes ou compagnons quand ils vous appellent 12 000 fois sur votre portable qui n'a plus de batterie pour savoir où vous êtes, ce que vous faites, avec qui et comment et qui n'hésitent pas à vous taxer de trainée, vous imaginant en train de vous taper un camion de pompier, alors que vous venez de crever un pneu sur un coin de départementale campagnarde et que non seulement de ne pas arriver à changer cette putain de roue trop lourde pour vos petits bras de gonzesse, vous n'avez ni batterie, ni réseau et comme par hasard, personne ne passe sur cette route là, que vous avez prise juste parce que vous pensiez que ce serait plus court pour rentrer chez vous et vous blottir plus rapidement dans les bras de votre aimé.
Ah oui, d'ailleurs j'ai un peu honte. Parce que j'trouvais tellement ce livre et le cours qui allait avec ennuyeux que, plutôt que d'écouter le prof et de tenter de comprendre le sens profond du livre qui aurait pu me faire l'apprécier davantage, j'ai préféré le redécorer de quelques couleurs. Faut dire que je trouvais le design aussi ennuyeux que le contenu…
Gersicotti Gersicotta vous emmène encore à Cassaigne !
Pondéralement vôtre expose sa plume !
Un mot un jour ouvre le robinet !
lundi 9 février 2009
Les tribulations d’une caissière, Anna Sam
Non non non, aujourd’hui je ne vais pas vous conter un autre épisode de ma trépidante vie de caissière, même si j’aurais probablement de quoi nourrir quelques lignes de quelques pittoresques aventures supermarchandes (n’est-ce pas l’adjectif qui correspond au nom « supermarché ? »). Ce matin c’était plutôt calme, calme et plaisant, des gens agréables, de la bonne humeur, que du bonheur même si encore une fois j’étais au bout du rouleau dès la première heure de caisse. Mais oui, ma blague fétiche lorsque je n’ai plus de rouleau pour les tickets de caisse. « Je suis au bout du rouleau, veuillez m’excuser quelques secondes ». Bon, c’est un peu nul, classique, mais ça fait rire les gens, ou alors ils se forcent à rire, mais disons qu’au moins, ça permet de rendre l’attente un peu moins frustrante alors que les clients de la caisse d'à côté, avancent eux ! Mais revenons en à nos moutons s’il vous plait, j’avais pourtant dit que je ne vous raconterai pas de mes truculentes aventures de caissière !
En fait je viens vous parler d’un livre formidable écrit par quelqu’un de formidable qui a eu un métier formidable et que j’admire de manière formidable. Sans doute avez-vous entendu parler de cette fameuse caissière plutôt très diplômée en littérature et qui a tenu et tient toujours un blog très célèbre, à la fois drôle et réaliste concernant son métier d’hôtesse de caisse.
Après y avoir raconté des tonnes d’anecdotes concernant le milieu de la grande distribution, que ce soit sur le métier en lui-même que sur le comportement bien souvent hilarant des clients, elle a sorti un livre intitulé Les tribulations d’une caissière . Un livre que je taxerai d’incroyablement réaliste puisque non seulement de m’avoir fait beaucoup rire, chaque page lue m’a rappelé tous les moments que j’ai passé et que je passe encore en tant que caissière. Bref, de lignes en lignes vous êtes plongés dans cet univers de la grande distribution et surtout dans la partie « Caisse ». Vous qui avez des préjugés et qui critiquez aisément vos petites caissières, vous qui les aimez, vous qui avez votre préféré, vous qui êtes clients peut-être allez-vous vous reconnaître dans ces belles pages de vie. De vie. D'autant plus que ce livre est en somme une sorte d'étude sociologique vécue de l'intérieur. On sent aussi qu'elle aimait ce qu'elle faisait, malgré tous les petits inconvénients, et là je m'y reconnais aussi.
J’ai donc eu ce livre en cadeau à Noël. Ca a beaucoup fait rire l’auteur qu’on me l’offre à Noël. Oui, parce qu’Anna Sam, c’est ma copine, et elle sait que je l’aime juste parce que c’est une star de la littérature ! En tous cas, ce qui est agréable avec cette nana, c’est qu’elle se la pète pas, elle reste telle quelle, sincèrement drôle, vraie, un peu comme son livre. Et donc ouais c’est ma copine, en plus c’est une star Européenne maintenant , son livre est sorti en Espagne, aux Pays-Bas, en Italie … et à mon avis, elle a pas fini de cartonner, parce qu’elle a du talent.
Bon allez je vais crâner un peu plus. Histoire de me la péter, vu qu’elle elle se la pète pas. Figurez-vous que lors de son voyage en Italie pour la sortie de son livre, elle a trouvé le temps sur ses 3 jours d’interview et plateaux télé intenses, de m’envoyer une carte postale. Mais moi je dis qu’en fait c’était pour me narguer, parce que elle, elle était à Rome et moi pendant ce temps là, je « tribulais » dans mon supermarché … Bref, j'ai donc jubilé comme une midinette qui aurait reçu une carte postale de Patrick Bruel, en poussant des petits cris débiles. Mais bon, faut le dire, elle est belle ma carte postale, en plus derrière elle a écrit des trucs !
Et même si je sais que la plupart d’entre vous connaissez ce bouquin génial, je n’ai qu’une chose à dire : "« Les tribulations d’une caissière », ne vous privez pas, consommez-en, achetez-en, mangez-en ! "
Merci Anna pour tes pages de bonheur.
(et pour la carte postale, évidemment !)
Gersicotti Gersicotta se balade au château de Lagardère
Allo ? Pondéralement vôtre j'écoute !
Un jour, un gratin !
vendredi 23 janvier 2009
Le Journal d'un Remplaçant, Martin Vidberg
Cela faisait un moment que j'avais envie de lire entièrement ce livre écrit par un instituteur, ousp pardon, un professeur des écoles, c'est comme ça qu'on dit de nos jours. D'abord parce que j'ai tenté le concours pour être dans le métier, que je n'ai pas réussi d'ailleurs, ensuite parce que son auteur a un talent démesuré. Martin Vidberg, professeur des écoles, dessinateur de BD, est mon héros.
Dans le Journal d'un remplaçant, au fil des jours, il raconte les aventures et mésaventures, les découvertes, les échanges, les émotions qu'il a eu au sein d'une école pas comme les autres. Il est le maître d'une classe pour enfants difficiles, des enfants abîmés par la vie, parfois violents physiquement et psychologiquement. Cette école s'appelle "L'Institut de Redressement des Sapins".
Malgré des difficultés particulières, une gestion de classe plus que complexe, il fera son travail avec acharnement, professionnalisme et passion en se souciant du bien de ses élèves. Beaucoup de simplicité se dégage, de fraîcheur, de "vrai". Quelques traits d'humour, de nombreux moments émouvants, enfantins malgré le contexte socio-éducatif particulier. Ce livre est la plus belle preuve d'amour pour ce métier qui puisse exister : rien n'a arrêté l'enseignant , il ne s'est jamais découragé, a toujours tenté de trouver des solutions et a donné énormément à ses élèves même s'ils étaient en situation critique.
Bref, j'ai adoré ! Et la petite note biographique sur Martin Vidberg sur la couverture en dit long sur sa passion du métier : depuis la fin du primaire il ne songeait qu'à exercer ce métier là !
Et pour retrouver Martin Vidberg au quotidien rendez-vous sur (même si je suis persuadée que vous le connaissez déjà ! ):
mardi 16 décembre 2008
La Légende de Robin des bois, Manu Larcenet.
Définitivement Manu Larcenet est en matière de BD l'un de mes auteurs préférés. J'aime son humour, son trait, et toutes les petites choses qu'il fait passer au-delà du comique. Et quand je vais à la bibliothèque, il est une des priorités dans mes recherches. Je n'aime pas tant avoir un titre en tête et y aller pour tel ou tel titre. J'aime bien le hasard et le hasard a bien fait les choses puisqu'à ma dernière expédition à la bibliothèque d'Auch j'ai trouvé La Légende de Robin des bois.
Rien à voir vraiment avec le Robin des bois que nous connaissons. Oubliez le film et la BO de Bryan Adams et changez d'époque et surtout changez l'aspect de votre héros. Le Robin de Larcenet est un petit vieux, dentairement déficient et atteint de ce qu'il appelle "L'affection du sieur Alzheimer". Un bien grand inconvénient pour ce héros qui oublie sa mission constamment, c'est-à-dire voler aux pauvres pour donner aux riches et qui se met à chanter les pires chansons du répertoire français sans prévenir. Son dévoué petit Jean l'aide toujours à retrouver ses esprits en le frappant en pleine tronche d'un "KPA" violent . Mais plus encore, c'est dans la forêt de …Rambouillet qu'il sévit et pas sur n'importe qui : sur des touristes chapotés d'un bob "Ricard". Je ne vais pas tout vous dévoiler, mais pour vous appâter, sachez aussi qu'il est question de grande poésie sylvestre et que Tarzan y fait son apparition avec quelques déviances d'ordre zoophile …
Larcenet fait là usage d'un procédé qu'on appelle "L'uchronie". C'est-à-dire qu'il réécrit la légende telle qu'elle aurait pu être à notre époque, dans un autre temps. C'est pourquoi, malgré bien souvent un langage rappelant des temps médiévaux, de nombreux anachronismes créent un décalage vraiment comique : les langages modernes s'y mélangent, les chansons modernes, les nouvelles technologies avec par exemple Petit Jean qui sort un téléphone portable pour appeler frère Tuck. Les pages défilent et les situations burlesques, cocasses défilent aussi mêlant parodie, caricature, non-sens, humour léger.
Mais au-delà de l'humour, et c'est propre à Larcenet , il y a quelques messages, révoltes, réflexions philosophiques … Beaucoup en prennent pour leur grade : les autorités, la religion, la société moderne et ses déviances. Et remarquez cet anachronisme qui n'en est pas un : la pauvreté, depuis le Moyen-Age, n'a pas disparu. Il y a beaucoup à réfléchir là-dessus mais également sur la mort et la maladie. Un vrai puits philosophique noyé dans une tonne de fous rires !
Gersicotti Gersicotta passe par la Tour-Porte
Pondéralement vôtre adore Mon gras et Moi.
samedi 13 décembre 2008
Anna Gavalda, Ensemble c’est tout.
Il y a des livres, des tas de livres que je conseillerai de lire, différents les uns des autres, tout aussi passionnants. Mais il y en a un, que je vous dirai de lire à tout prix, parce qu’il est tout simplement vrai et beau. Encore une fois, Anna Gavalda m’a retourné le cœur et cette fois en plus j’en suis toute secouée. Quoiqu’on en dise, son style simple et vrai, un peu « conversationnel », personne ne le manie aussi bien qu’elle et personne n’arrive à y caser tant d’émotions sans tomber dans le sentimentalisme abusif ou la sensiblerie. Ce livre c’est Ensemble c’est tout.
Un titre qui en dit long et qui s’avère être à double sens : Ensemble, c’est tout comme Ensemble un point c’est tout, parce qu’on ne le veut pas autrement, et Ensemble c’est tout, TOUT le contraire de rien, ça vaut TOUT, tout et c’est mieux que tout !
Et pourtant on part de rien. De 4 paumés qui se considèrent ou sont considérés comme des moins que rien : Camille, femme de ménage, qui dessine comme personne mais affaiblit par son passé et la solitude, à la limite de l’anorexie, Philibert Marquet de la Durbellière passionné d’histoire, tiraillé par les querelles d’héritage de sa famille, bègue, timide, avec des tocs, des manies, Paulette, petite vieille esseulée, amoindrie physiquement et ne pouvant plus prendre soin d’elle-même et Franck, un excellent cuisinier, qui ne parle qu’en jurant et couche avec des tas de filles…
On les connaît d’abord individuellement dans leurs déboires, leur quotidien. L’intrigue tend peu à peu à les réunir, à les faire vivre ensemble, c’est tout. Chaque personnage évolue magnifiquement, chacun a son parcours initiatique, chacun se révèle. Mais ces révélations ne se font que par le soutien d’un autre, des autres, elles se font ensemble c’est tout. L’histoire d’amour devient quadruple : à 4 ils s’aiment les uns les autres à leur façon.
Quand j’ai commencé le livre, vers 23h un soir, je n’ai plus su m’arrêter. Sur 560 pages, j’en avais abolies 400, il était déjà 3h du matin. Je l’ai fini le lendemain, assoiffée de connaître la suite et de m’en enrichir l’esprit !
Gersicotti Gersicotta raconte la collégiale de la Romieu
Pondéralement vôtre : Miss France obèse ?
mardi 18 novembre 2008
Les cinglés du Chocolat, Sandra Boynton
En me baladant dans le rayon "humour" de la bibliothèque, à la recherche, je l'avoue du Journal d'un remplaçant de Martin Vidberg (Papa Noël, si tu m'entends ! ) - l'espoir fait vivre, sait-on jamais si la bibliothèque avait enfin investi ! - je suis tombée sur un bouquin qui paraissait parler de moi. Oui de moi, tant le sujet me touche profondément : Les cinglés du Chocolat de Sandra Boynton.
Léger, drôle, amusant, le livre illustré avec humour analyse et présente tout ce qui touche de près ou de loin au chocolat : profils chocooliques, fabrication, comment s'en procurer, quelques clichés, quelques recettes, réactions et psychologie … de quoi faire rire une accroc du chocolat comme moi ! Bref, avec une petite touche de mauvaise foi (et de crise de foie) propre aux chocophiles aigus, ce livre est à lire en mordillant quelques carrés de chocolat !
Gersicotti Gersicotta vous fait visiter La Tour de Termes d'Armagnac !
Pondéralement Vôtre parle ...d'amour ?
lundi 10 novembre 2008
Les superhéros injustement méconnus, Larcenet.
Quelque part, on est tous un peu un super héros, non ? Moi je me sens un peu comme Super Accidentor, je supprime les voitures contre les poteaux téléphoniques, ou comme Super Chocolativor, je supprime les vilaines plaques de chocolats qui trainent par ci par là ! Je suis aussi Super Graphorrhéetor parce que faut toujours que j'écrive sur tout et n'importe quoi et surtout que j'écrive n'importe quoi. Bref ! Pourquoi qu'elle dit ça Wawaa ? Parce qu'elle a lu une bédé plus que géniale, formidable, drôle à souhait, épatante, étonnante et que cette bédé a été écrite par le grand Larcenet que j'admire et j'adule. Il s'agit l'œuvre, dirai-je même objectivement élogieusement, du Chef-d'œuvre les superhéros injustement méconnus.
La bédé présente 7 superhéros injustement méconnus. Un peu comme les sept nains en fait, mais en vachement mieux : Super Scientifique man qui trouve une solution scientifique à tout ou presque, Super Timide Boy qui perd ses moyens quand il croise une nana, Wonder Mécanicien dont le secret réside dans l'allumage -oui l'allumage !-, Combustion Man qui brûle illico tous les aliens qui se cachent dans les femmes qui crament des steaks, Super drôle qui grâce à son humour résout les plus grands conflits mondiaux, Hyper Défoncé Man qui lui est bien meilleur que batman, et enfin, Agrikultor (un gersois sûrement !) qui sait faire diversion en faisant pousser des betteraves partout !
Nous avons droit pour chacun de ses supers héros injustement méconnus à une petite biographie pleine d'humour décalé ! De quoi avoir de bon fous rires et s'identifier un tant soit peu à ces personnages qui finalement ressemblent à des personnes de notre vie quotidienne ou nous ressemblent.
En gros, c'est léger, c'est fou, c'est drôle, c'est délirant, je suis fan ! Enfin moi, je dis que Larcenet, c'est quand même Super Bédé man ! Na !
Gersicotti Gersicotta vous présente les chats de La Romieu.
Pondéralement vôtre loue mon gras.
Et pour rire un peu plus Deux spots pour promouvoir l'anglais délirants :
vendredi 31 octobre 2008
Escapade à la bibliothèque …
Mercredi aprem, comme tous les mois, escapade à la bibliothèque ! Pour trouver mon bonheur dans quelques centaines de pages. Je vous épargne mon passage dans le rayon des fonds gersois. Par contre je ne vais pas vous épargner le rayon jeunesse. Déjà j'ai raté "Lire en Fête" qui avait lieu à la mi-Octobre. Ceci étant ils ont laissé la déco dans le coin jeunesse. Et même que y'avait une affiche de La petite taupe qui voulait savoir qui lui avait fait sur la tête. J'ai eu une pulsion cleptomane. Mais je me suis retenue.
J'y ai trouvé deux petits albums pris au hasard dans les bacs : le premier Le silence des Arbres, de K.T Hao et Carme Solé Vendrell et le second Rougejaunenoireblanche de Brigitte Minne et Carll Cneut. On verra ce que ça donne, si je ne vous en reparle jamais, c'est que cela ne m'a fait aucun effet.
Au rayon Humour, j'ai trouvé des trucs drôles, du moins qui ont l'air drôles ! L'un s'appelle "Les cinglés du chocolats" et l'autre Les monty-Python ! Depuis le temps que j'entends parler de ces zouaves sans savoir à quoi ça correspond. Bref, comme dit plus haut, si je vous en reparle, c'est que ça m'a emballée !
Au rayon BD c'était bonheur ! Oui oui oui ! D'abord parce que j'ai trouvé un larcenet, Les Superhéros injustement méconnus, je sens que ça va être rigolo. Et un recueil à l'occasion des 30 ans de Fluide Glacial, éditeur de BD.
Bref, comme dirait pépin qui adore les livres, les après-midi pluvieuses du mois de Novembre n'auront plus de raison de me déprimer parce que je dois rester enfermée à cause du temps pourri !
Gersicotti Gersicotta monte haut les créneaux !
Pondéralement vôtre aime les girafes !
























