Je sais ô combien ce titre évocateur risque d'amener sur ce blog foule de pervers. Messieurs dames, je vous en prie, passez donc votre chemin, il n'est point question de la bagatelle ici, ni de parler de nos fabuleux organes génitaux respectifs.

 Sachez d'abord que depuis une semaine j'ai un nouveau travail. Malgré mes nombreuses tentatives de reconversion, est arrivé ce qui devait arriver : me voilà de retour dans le milieu de la grande distribution.  J'ai donc réussi en 15 lettres envoyées il y a 3 semaines, à dégoter 3 entretiens pour 3 CDI à plein temps. CDI à plein temps dans le commerce ? Et 3 en plus qui m'étaient, si gentiment apportés sur un plateau? Mais où était donc la caméra cachée ? Qui était l'affreux blagueur ? Cela fait 7 ans que je cherche un CDI à temps plein. Je ne voyais passer que des temps partiels et mon ex-travail se déroulait sur 30h par semaine. J'ai fini par croire que le temps plein ça n'existait pas. Du coup, quand certains osaient scander que les 35h c'était n'importe quoi qu'il fallait revenir aux 39h, je leur disais moi, je leur disais que déjà, avant de revenir à 39h fallait peut-être que 35h ça existe, leur démontrant l'état du marché du travail :  assistante de vie à 20h par semaine, employé de station-service  à 24h, caissière à 26h,  aide-ménagère à 22h … Du coup, ils faisaient moins les malins.

 

J'ai donc cru à une farce. Mais ce n'en était pas une. Cela tombait à point nommé. J'ai donc commencé il y a peu, comme hôtesse de caisse dans un magasin de"bric à brac, ameublement discount, décoration, vaisselle, etc" dont je ne citerai pas le nom et dont je vous demande, même si vous le savez, de ne pas le citer, en vous remerciant sincèrement d'y faire attention, auquel cas je me verrai obliger de vous censurer. J'ai donc appris à me servir de leur caisse tactile mais aussi tout un tas de procédures différentes de ce que je faisais avant. Il a fallu emmagasiner tout un tas d'informations dans mon petit cerveau étriqué. Alors je me suis exécutée, bien que parfois je défaille. Mais parait-il d'après mes collègues et responsables, que c'est normal.

 De temps en temps, les codes barres collés via des étiquettes sur les produits se décollent. C'est toujours un peu le drame car il faut appeler quelqu'un qui n'aime pas toujours être dérangé. Mais comme c'est la procédure, c'est comme ça et puis c'est tout. C'est ainsi que mercredi, un couple de personnes est passé à ma caisse avec tout un tas d'objet humoristique dont un magnifique bocal contenant un sublime sexe féminin de secours très délicatement intitulé "Foufoune de Secours". Je me retiens de ricaner. Parce que ça ne se fait pas. Et puis c'est un peu puéril. Manque de bol, la Foufoune en question n'est pas étiquetée : pas de code, pas de prix, pas d'encaissement, pas de foufoune de secours, CQFD.

 

J'aperçois ma collègue en rayon, je l'accoste, lui montrant le bocal, espérant d'elle un poil, un tout petit poil de discrétion. Elle crie "C'est le ZIZIIIII OU LA FOUFOUNEUUUH ?". Je me retrouve donc à dire "La Foufoune" à voix haute à travers le magasin imaginant que, ceux qui n'ont pas le contexte de la scène, puissent se poser quelques question. Mais soit dit en passant, je n'aurais pas aimé avoir à dire au micro "Le code de la foufoune de secours pour la caisse une, le code de la foufoune de secours pour la caisse une merci !" .

 

Je soupçonne tout de même cette collègue d'avoir procédé là à un bizutage improvisé. Elle est allée me chercher le code, j'ai donc scanné la foufoune comme il se doit et l'ai remise aux clients qui étaient tout heureux de cette acquisition. Mais à qui était-elle destinée ? Qui aujourd'hui dispose de cette splendide Foufoune de secours en conserve ? Je ne le saurais jamais et entre nous, je ne préfère pas trop le savoir !