La guigne est elle caractéristique d'une saison ? Question profonde et existentielle que voici ! Parce que la « guigne d'automne » ça sonne plutôt bien, je trouve. Du moins l'expression, pas les conséquences. Vous devez encore vous demandez où je veux en venir. Je ne divague point, non. Ce n'est pas non plus la mélancolie apportée par la saison des feuilles mortes qui provoquent en moi une paranoia pendant cette saison. Laissez-moi vous expliquer.

 

Tous les ans à l'automne, la bagnole fait des couacs, des canards, fait des siennes, m'embête, tombe malade... Un peu comme si elle vivait mal cette saison ou un peu comme si cette saison faisait tomber les voitures comme des mouches, enfin plutôt comme les feuilles des arbres pour rester dans la thématique.

 

Récapitulons. En Novembre 2008, j'ai trucidé Titine1 dans le fossé qui a traversé la route sans prévenir. En Octobre 2009, c'était plus calme, mais chiant quand même puisque Titine2 faisait son boudin en bloquant la porte passager qui s'est décoincée quand à la finit de se la jouer voiture qui a ses règles. A la fin de l'année 2010, après s'être offert un alternateur tout neuf, madame a décidé qu'il lui fallait passer à la chirurgie esthétique en se faisant refaire le train-arrière... Je conclurais presque que les voitures c'est comme les femmes, mais j'en suis une alors je vais me taire.

 

Cette année, début Novembre, madame Titine2 a décidé de rejouer les emmerdeuses de première. Elle nous avait pourtant conduit dans le Nord deux jours avant de sombrer. Nous étions revenus à Rodez sous la pluie, mais elle n'avait pas flanché un seul instant.

 

Le lendemain de notre retour, soit le 2 Novembre 2011, constatant la vacuité terrifiante du réfrigérateur, je suis descendue au garage avec mes petits sacs, je suis montée dans la voiture. Je préchauffe. Tiens ça démarre pas. Je me dis que, fatiguée, j'ai dû oublier de préchauffer. Je repréchauffe... elle démarre avec difficulté. Je la recule et madame toussote. Etrange.

 

Je me dis qu'elle a froid, après tout, elle a aussi le droit d'être frileuse. Je descends une légère côte sans avoir besoin de freiner. Madame continue de tousser, et semble avoir du mal à avancer. Au bout de quelques kilomètres, elle retrouve le cours normal de ses fonctionnalités. Soit. Les courses sont faites, je repars. Je démarre, elle démarre, je la sens encore un poil en détresse, je rentre alors à la maison et je fais « Allô PAPAAAAAAAAAAAAAAAAA ». Nous parlons bougies de préchauffage, batterie et pompe à injection. Je me dis «Non pas la pompe à injection, ça coûte les yeux, la tête et la peau des roupettes ».

 

Nous trainons jusqu'au week-end avec la voiture hésitante. Le samedi, nous décidons d'aller, malgré mes 39 de fièvre, à un salon culinaire à Rodez. Ouais, d'abord. Nous en revenons en début d'après-midi pour que je fasse la sieste ...et à 16h45, nous décidons d'y retourner pour les démos culinaires autour du coulant au chocolat. Je suis toujours très motivée quand y'a du chocolat.

 

Bref, nous sortons, nous prenons la voiture, nous démarrons avec grande difficulté ...Et dans une petite montée à 30 m de chez nous, le moteur s'étouffe et tout à coup, plus rien. Plus rien ? Non plus rien. Pas même un soubresaut en tournant la clef. Pas même un petit ronronnement. Rien. Je regarde Denis et je lui dis « Faut pousser. ». Il pleut. J'ai la crève. Il pousse une première fois dans la montée alors que je suis au volant. Il n'y parvient pas. Ousp, j'avais comme oublié de retirer le frein à main. Il retente. Ousp, j'avais laissé la première vitesse enclenchée. Je sors de la voiture je me mets à la portière, tourne le volant du bout des doigts et nous la garons sur une larrrrge place de parking … dans un trou d'eau. J'en ai plein les baskets et j'ai envie de pleurer. Mais point de lamentation, il faut maintenant trouver une solution. Appeler quelqu'un pour recharger la batterie ? Nous rentrons à la maison, à 30 m de là. Oui dans la malchance, on a quand même de la chance, il faut l'avouer, tomber en panne quasiment en face de chez soi, ce n'est pas ce qu'il y a de pire !

 

Et là je fais « Allo PAAAAAAAAAAAAPAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA pour lui exprimer mon désespoir. ». Après avoir dit bon on va appeler une dépanneuse suite à une conversation larmoyante d'environ 10 minutes, papa me dit « bon si tu veux je suis là dans 3 heures. ». Et c'est ainsi que papounet a fait 250 km pour venir voir ce qu'il pouvait faire. D'abord pour ramener la voiture dans le garage. Ensuite pour l'ausculter : voir si c'est les bougies, si c'est la pompe à injection, si c'est l'électrovanne. Il retrouve le filtre à gazoil en un piteux état. Le lundi matin, il le change. Mais non non non, Titine 2 ne veut pas démarrer, non, elle ne veut pas.

 

Papa repart chez lui, nous finissons par appeler un garagiste qui vient la hisser sur son camion de dépannage.

 

3 jours se sont écoulés. 3 longs à jour à nous demander si nous allions finalement changer de voiture plus vite qu'on ne le pensait. Si on allait quand même la réparer. Alors que j'avais appelé la veille pour savoir ce qu'il en était, le jeudi à 19h je décide d'appeler, car le lendemain est le 11 Novembre. « Oui bonjour, je suis madame H. (oui j'adore dire que je suis madame du nom de Denis), je viens prendre des nouvelles de notre 205 ». Le monsieur me répond « Ah c'est drôle mon collègue est justement au téléphone avec votre mari » et j'entends son collègue dire à Denis « Ah mais on a aussi votre femme au téléphone ! ». Et où était Denis ? Juste derrière la porte d'entrée !

 

Après trois jours à se demander ce qui allait arriver à notre voiture chérie, à nous imaginer les pires scénarios, le coeur battant nous attendons le verdict. J'entends alors Denis rentrant dans la maison « Ah ça y'est, elle est réparé ? Ah vous venez me chercher pour que je la récupère ? Ah ben merci ! ».

 

En fait madame avait tout simplement ingurgité du gazoil sale … le fond du réservoir ! Et oui, en revenant du Pas de Calais, nous n'avions pas fait un plein complet sur la fin, juste de quoi tenir le reste de la route car il est beaucoup plus cher sur autoroute. Soit ce gazoil pris à la pompe était pourri, soit, en redémarrant le lendemain, tout le fond du réservoir, avec ses multiples saletés a été aspiré. Il lui a fallu une bonne purge pour qu'elle ronronne à nouveau.

 

Bref, une économie de carburant de 5 euros, nous a coûté presque 200 euros de garagiste. Ca serait arrivé tôt ou tard, certes, mais on s'en serait bien passé.