… oui. Pas qu’en ce moment j’aie décidé de tester tous les examens médicaux de la terre, hein, mais il fallait que j’en fasse une. Rien à voir non plus avec mes récentes aventures avec les algies qui continuent d’ailleurs. C’est en fait que, il y a deux ans, lorsque que le fossé a traversé ma route par surprise et que j’ai tué une voiture, la ceinture m’avait écrabouillé virulemment le sein droit. Cette expérience traumatique avait généré dans ma protubérance mammaire des formations kystiques a priori inoffensives mais à surveiller. Or, il y a une semaine, un matin, j’ai trouvé que le côté de mon sein était légèrement douloureux, même si c’est le côté où j’ai mal au bras. J’ai donc courageusement décidé de me tripoter le nibard. Et là j’ai trouvé une bouboule un peu douloureuse et qui paraissait plus grosse que celles que j’avais eu il y a deux ans.


Un peu dans l’affolement, parce qu’en ce moment j’ai plein de surprises médicales, j’ai décidé d’aller voir le docteur et demander vérification, histoire de ne pas rajouter une angoisse à mes nuits déjà quasi blanches. Et ma généraliste a hésité longuement entre une simple échographie ou une mammographie voire les deux. « Parce que la mammographie, c’est douloureux », disait-elle. Finalement elle a opté pour les deux, moyennant que ce serait le radiologue qui déciderait.


La prise de rendez-vous a été rapide, l’après-midi même je pouvais passer l’échographie et heureusement, pas la mammographie parce qu’il n’y avait plus de rendez-vous possible en même temps. Ok bon beh moi, je n’y voyais pas d’inconvénient dans la mesure où l’échographie pouvait suffire et que donc j’allais éviter la douloureuse expérience de la mammographie.


Nous partons donc vers le cabinet de radiologie assez tôt et prenons des chemins détournés pour éviter les zones en travaux qui en voiture font mal à mon hernie. Oui, je suis un cas, j’ai une hernie et une boule dans le sein, ça vous épate à la bolognaise hein ?


Je suis arrivée bien 45 minutes à l’avance. Il y a du monde à l’accueil, donc, je fais la queue. Il y en a des gens malades dans le Gers dites-donc. J’arrive jusqu’à la charmante secrétaire qui à chaque fois que je la vois semble avoir des problèmes de constipation (la prochaine fois, je lui ramène un sachet de pruneaux !) dont le ton de la voix est toujours aussi agréable… CONNASSE.

Elle me re précise, comme au téléphone, que ce ne sera que pour l’échographie. Je vais donc m’assoir et contre toute attente, 5 minutes après avoir pris place auprès de ma maman qui m’accompagne partout chez les docteurs parce que c’est comme une mère pour moi – normal en fait, c’est ma mère … - on m’appelle. « Madame L….. s’il vous plait ». RHA MAIS MOI C’EST MADEMOISELLLLEUUUUHHHHHH !

Je vais donc rejoindre la madame radiologue. Et ce, environ 30 minutes avant mon rendez-vous. Je n’allais pas me plaindre. Nous entrons dans une salle où il y a une drôle de machine. Une sorte d’étau géant, vous savez, comme sur les établis de bricoleurs. Un étau, un truc dans lequel on serre tel ou tel chose pour lui faire subir je ne sais pas quoi.


« Donc une mammographie … »


Panique, panique , panique.


« Mais, la secrétaire m’avait dit que la mammo c’était pas possible aujourd’hui … »

« La secrétaire s’est un peu avancée. » d'un air de dire que toutes manières c'est une connasse. Je suis bien d'accord sur ce fait, c'est une connasse, constipée en plus.

J’enlève mon pull, mon soutien-gorge. Et je me dépêche de me préparer psychologiquement, mais en fait, je n’en ai pas vraiment le temps. Je m’approche de la machine, elle prend mon sein gauche et le pose dessus. Je lui dis alors « Mais c’est le sein droit … ». Elle me répond « on fait toujours les deux pour une mammographie ».


Je n’ai pas le temps de dire ouf, que déjà l’insolente machine me compresse le sein qui ressemble à une crêpe. La compression est telle que je ne peux plus bouger et surtout il semblerait que la machine se soit arrêtée au moment qui précède celui où le sein explose par compression. Un peu plus, et c’était le feu d’artifice mammaire.


« Levez la tête »

J’essaie, mais mon hernie me rappelle qu’elle est là. Alors je dis à la radiologue que j’ai une hernie et donc que j’ai mal. Mais ça ne l’émeut pas d’un poil. Elle vient, me tourne la tête et photographie mon sein gauche.

On passe au sein droit. J’ai pas super envie. Surtout que mon bras droit me fait encore plus mal avec l’angoisse (oui, la névralgie brachiale se fait sentir de plus belle !). Mais je n’ai le temps de rien que déjà mon sein droit se retrouve prisonnier de la machine. Aie. Ca fait mal. J’ai envie d’hurler du plus profond de mes tripes mais je suis une grande fille alors je me retiens. Lorsqu’elle me dit de tourner la tête, je fais un effort mais je n’y arrive pas. Alors elle s’en charge, un coup sec. Je me dis que c’est juste une petite minute de souffrance à avoir, car ça s’était finalement fait très vite avec l’autre sein.


Quand cette opération est finie je suis bien contente. Mais le plus dur à encaisser fût « Allez maintenant on fait les prises latérales ». Oui parce que là, c’était l’écrasement horizontal. Maintenant, fallait se les faire écrabouiller à la verticale. Oh misère !


On reprend donc avec nichon gauche pas très motivé mais courageux quand même. La machine pivote et il faut poser son bras par-dessus en attrapant une poignet, comme ça le sein est idéalement positionné pour qu’on vous le compresse. Aucun problème du côté gauche, même si c’est toujours aussi désagréable. Quand vient le côté droit, je m’attends au pire. « Posez votre bras droit là », « Oui, j’ai assez mal, mais je vais le faire ». Décidément elle s’en tape que je souffre et que je suis prête à donner des coups de pieds violent dans sa machine de torture pour me délivrer de la douleur. Je pose donc mon bras en me concentrant sur la douleur pour l’atténuer mentalement. Ca marche pas mais bon, le temps que je pense à sa, mon nichon était déjà pris en étau. « Ne bougez pas ». Beh t’façon là, je vais te dire madame, j’ai tellement mal et je suis tellement coincée que j’vais pas bouger d’un poil.


Quand la machine a libéré mon sein droit, je me suis dit que ça ne pouvait pas être une femme qui avait inventé cette machine ou alors une madame qui n’avait pas de sein et jalousait toutes celles qui en avaient plus qu’elle, ou alors une misogyne, ou pire, une sado-masochiste. Mais je pencherai plus pour un homme … Mais sachez messieurs, que j’aurais ma revanche et que j’inventerai un jour la testiculographie, vous rigolerez moi !



Et le diagnostic ? Rassurez-vous MES SEINS VONT BIEN. Il y a que ma perte de poids a fait ressortir un peu plus les kystes que j’avais depuis l’accident et ces derniers n’ont pas bougé d’un poil. Par contre, d’après la radiologue, je les aurais jusqu’à la fin de ma vie, parce que ce genre de bouboules c’est soit ça disparait soit ça reste là éternellement et comme ça fait déjà deux ans que c’est là, c’est qu’elles m’ont déjà adoptée.

Moi aussi donc, j’ai des boules. Na.

Et puis le soir, on a fait une soirée crêpes, histoire que je me remémore bien l'expérience "Nichon oeuf au plat, nibard en crêpe, sein en purée".